Erasmus
Je viens de rentrer de 5 mois d'Erasmus en Italie, et si j'ai bien un conseil à donner, ce serait sans hésiter celui-là : si vous en avez la chance, participez à cette expérience.
J'ai passé 4 mois en Thaïlande juste avant de partir pour l'Italie, alors j'étais déjà un peu ailleurs dans ma tête, et le cumul de ces deux voyages m'a permis de passer une année extraordinaire. Rien ne peut vous enrichir autant que de voyager.
La seule différence, c'est que je n'étais pas seule en Thaïlande, alors qu'en arrivant en Italie, je ne connaissais personne. Quand je suis arrivée, je me suis vite sentie à l'écart, au milieu de tous ces étudiants, cette ville que je ne connaissais pas, ces nouveaux colocataires… Et puis, je me suis rendu compte que finalement on l'était tous : nous sommes tous arrivés seuls, et c'est cette solitude commune qui nous a poussé à construire ces liens si vite et si fort. On sait qu'on n'est pas là indéfiniment, qu'on n'a que quelques mois : alors on profite au maximum, sans perdre une minute. Chaque jour, quelqu'un nous propose quelque chose à faire, et on ne peut pas dire non parce qu'on sait qu'il peut se passer n'importe quoi de génial et d'inattendu et qu'on risquerait de regretter d'être resté chez soi. Et à chaque fois, on se dit qu'on a bien fait d'y aller parce qu'on se retrouve dans une pièce avec des gens qui viennent des quatre coins du monde, on découvre de nouvelles cultures, on parle toutes les langues qu'on peut, tout en étant dans un seul pays, et c'est magique. Jusqu'au dernier jour, la dernière minute, on rencontre de nouvelles personnes. C'est une course contre la montre. À la fin, on est une seule grande famille ; quand une personne va quelque part, tous les autres sont là, c'est comme une grande toile, on est tous connectés.
On ne veut pas que ça s'arrête, chaque soir on dit au revoir et puis finalement on se sent obligé de refaire quelque chose le lendemain. Et quand le vrai dernier soir arrive, on a l'impression qu'on va tout perdre d'un coup, que notre vie va se décolorer. On est triste pour la première fois depuis le début de l'aventure. On rentre chez soi, on est content de retrouver ses amis, sa famille, mais d'un autre côté, on repense à tout ce qu'on a vécu. Et les souvenirs défilent mais ne s'arrêtent jamais, parce qu'on en a tellement que c'est sans fin. On repense à tous les fous rires, à toutes les poignées de main, à tous les visages qu'on a croisés, les sourires qu'on a échangés. À toutes les soirées qu'on a oubliées mais qui nous ont été racontées, aux chutes, aux vélos volés, aux calzones de lendemain de soirée, aux spritz, aux gin tonic… Et ça continue jusqu'à l'infini.
Une infinité de souvenirs en un temps fini, c'est ça Erasmus. C'est un truc qu'on ne peut pas définir, qu'on ne peut pas raconter ou expliquer en détail. C'est quelque chose qui se ressent au plus profond de nous, un lien qu'on partage tous et qu'on ne peut comprendre qu'entre nous. C'est une mini-vie indescriptible au sein de nos vies respectives, c'est notre vie commune, c'est notre voyage, notre échappée.
Alors voilà, ce petit texte pour remercier toutes les personnes qui ont croisé mon chemin ces 5 derniers mois et qui ont participé à rendre cette expérience inoubliable. À tous ceux chez qui j'ai squatté un soir, à tous ceux qui m'ont aidé à marcher droit à la sortie du Factory, à tous ceux qui m'ont payé des coups à boire, et surtout, à tous les amis qui ont su me comprendre en si peu de temps et m'écouter. Merci, merci, merci.