Marie Minassian autrice
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L'intolérance des extrémistes

Pour commencer : l'intolérance est le refus d'admettre l'existence d'idées, de croyances ou d'opinions différentes de la sienne, et l'extrémisme est la tendance à adopter une attitude, une opinion extrême, radicale, exagérée, poussée jusqu'à ses limites. Tout ça, c'est le Larousse qui l'a dit, je n'ai rien inventé.

Donc un extrémiste intolérant c'est quelqu'un de complètement borné dans ses idées et qui refuse toute discussion avec une personne de pensée ne serait-ce qu'un centième différente. Et moi ça m'inquiète un peu, parce que j'ai la triste impression que ce mouvement de pensée est en pleine explosion.

De nos jours, tout le monde cherche à être différent, la normalité est passée de mode. Ce phénomène nous pousse à accentuer chacun de nos comportements. On ne peut pas être qu'un peu quelque chose, il faut l'être à 100%, sinon nous ne sommes pas crédibles. Et c'est ça l'ennemi de l'homme : le « jusqu'au-boutisme », l'extrémisme. Le radicalisme nous force à être bornés et intolérants ; les autres ne sont qu'opposants ou sympathisants et aucun dialogue n'est possible entre deux radicalisés. Alors certes, il est important d'avoir des convictions, et de croire en notre vision personnelle de la vie, mais le plus important pour avancer et grandir, est de partager notre vision et de comprendre celles des autres. Je ne parle pas d'adhésion à toutes les visions mais, au moins, de compréhension. Il existe beaucoup d'extrémismes : l'extrémisme religieux, l'extrémisme politique, l'extrémisme idéologique. Aucun d'entre eux ne contient d'exemple sain.

Une élucubration sans vraie conclusion, je ne peux pas me le permettre — je n'ai pas la science infuse —, mais ce dont je suis sûre, c'est que l'intolérance ne fait qu'aggraver les conflits causés par nos divergences. Alors avant de juger, de catégoriser, de coller des étiquettes, essayez de communiquer, de partager, de comprendre, de vous intéresser, d'être curieux. C'est ça la clé : la communication, le partage.

Je ne peux pas dire que je n'ai pas peur. Ce serait un mensonge. J'ai peur. J'ai peur de la haine qui réside au fond de leurs cœurs. J'ai peur de leurs âmes torturées et de leurs esprits enchaînés. J'ai peur de leurs fanatismes et de leurs radicalismes. J'ai peur et c'est ce qui me différencie d'eux. Je suis émotion. Aujourd'hui je suis peur, colère, tristesse — mais demain je serai joie, confiance, amour. Je suis ce qu'ils ne seront jamais : vivante.