La folle à chats · Élise Flores
L'une des facettes qu'elle exécrait le plus de son caractère — sans pour autant parvenir à en changer — était cette faculté qu'elle avait de toujours dramatiser les choses. Lorsqu'elle était dans un tel état d'esprit, il en résultait en général que l'incident de base ayant provoqué sa mauvaise humeur était immédiatement suivi d'une quantité d'autres incidents irritants, venant confirmer cette loi sinistre qu'elle appelait avec dépit « spirale de la loose ». De cette façon, à l'inverse du modèle philosophique de vie prônant le penser positif, elle savait avoir le pouvoir, par la seule intensité des émotions négatives qu'elle ressentait, de faire graviter autour d'elle assez d'ondes néfastes pour transformer sa journée en un enchaînement de déboires.
Rappelez-vous une chose : peu importe si vos choix ne vous mènent pas immédiatement là où vous vouliez être au moment de prendre vos décisions. Lorsque vous perdez quelque chose, vous gagnez toujours autre chose, et chaque expérience est une richesse. Votre nouvelle situation sera toujours différente de cette d'origine dont vous n'étiez pas satisfaite. Il ne tient qu'à vous de la faire évoluer jusqu'à ce qu'elle vous convienne.
Le fait que j'existe est ma seule certitude. C'est donc moi la personne qui décide, je suis le créateur, le capitaine de mon propre navire. À partir de là, autrui ne doit pas représenter pour moi une menace. Les personnes que l'on croise dans une vie vont et viennent, il suffit juste de ne pas se focaliser sur celles qui nous font nous sentir mauvais ou insignifiants, et de s'entourer au contraire d'êtres sincères, honnêtes, lumineux, qui nous soutiennent dans nos élans créateurs et nous tirent vers le haut. Le monde est vaste et nous valons mieux que de rester enfermés dans la cage des limites que nous nous imposons à nous-mêmes, par convention ou par simple peur de tenter quelque chose de nouveau ou d'audacieux.
La folle à chats, Élise Flores, 2018